A Bobigny revu le 12 Novembre 2008
A Bobigny il fait tout gris
Les immeubles métal percent le ciel
Les places sans étal s’étendent couleur miel
Les routes bleues sont percées droit
Les mendiants rougeauds montrés du droit
A Bobigny il fait tout gris
Les comédiens du TNS déclament à la mC93
Les enfants métis pétrissent la glaise
Sous les regards chauds et amènes
De leurs mamans au visage blême
A Bobigny il fait tout gris
Les parents triment dur pour des miettes
Regardent la TV pas Inrernet
Ils rêvent de retourner au pays
Qui n’est pas gris lui !
Mais rouge et or et ocre
Et chaleureux aux odeurs âcres
A Bobigny il fait tout gris
Ils y restent cependant
Pour la voiture, le pavillon et la console de leurs enfants
A Bobigny on dort bien avant minuit.
--------------
Bruno- Premier amour d’ado
Il avait 18 ans
Et moi tout juste seize
Pour moi c’était un grand
Un Don Juan balèse
Il s’appelait Bruno
Il était beau
Avec son vieux mégot,
Son gros paletot
Ses cheveux longs bouclés jusqu’aux
Epaules
Sa voix rauque et enjôleuse
Il me susurrait dans le creux de l’oreille
Des je t’aime et tu es belle
Sur Led Zeppelin et les Rolling Stones
Ca me rendait complètement stone
Il s’appelait Bruno
Il était beau
Avec sa Kro
C’était pas un intello
Il avait une 4L bleu métallo
Un cyclo qui pétaradait dans les chemins perdus
Il réveillait les oiseaux tout menus
Un jean Levis bleu délavé
Son caban noir chaud et râpé
Ses bras enveloppants me serraient
Il était beau avec sa goldo
On regardait pas Goldorak
Il devait passer son Bac
Il bossait beaucoup trop
A mon goût pas de pot
Heureux et plein d’espoir
Il est parti pour une autre ville
Lointaine et banale
Fatale à nos amour d’ados sans au revoir
Lettre à l'amant illégitime
27 mars 2008-08
Ton pénis s’immisce
Si fin si fragile si mince
Et pourtant si dur
Que de voyages il endure
Si long si doux paré d’atours
Il s’empresse empli d’amour
Il se cache rougit
Ah ! Déjà il jouit
Non, il se reprend
Mon joli amant
Epris il s’emplit
De sang chaud et bleu
Il va il vient tiens !
Il s’arrête net !
Il se relâche
Puis à l'aube il ose
Et c'est l'apothéose
Parfois tel un lâche
Visite une autre grotte
Barbotte
Attrappe une petite souris
A son joli mari
Grignotte une petite motte
Un temps et puis revient !
Bah tiens !
Les femmes
Les femmes libérées sont bien pénibles
Parfois elles ont leurs règles
Et puis sont de mauvaise humeur
En plus elles réclament le bonheur
Elles veulent à tout prix être libres
Elles veulent aller et puis venir
Comme bien bon leur semble
Pas entravées par des marmots
Geignards autoritaires et ballots
Tyrans domestiques et enfants rois
Même combat à bout de bras
Elles attendent de leurs hommes
Qu’ils les protègent et puis respectent
Qu’ils jouent leur rôle de père
Qu’ils paient bien leur pension
Ah mais !Y a pas de raison
Qu’ils les aiment bien aussi mais si !
Elles savent souffrir en paroles
Elles savent partir quand il le faut
Y en a pourtant qui se laissent massacrer sur place
Même que parfois ça ne laisse pas de traces
Elles savent être à l’heure à l’école
Elles savent vous dire : Tu es beau comme un robot !
Multifonctions voyons !
Elles savent bricoler des jardins merveilleux
Elles savent même conduire des autocars
Elles savent concocter des instants précieux
Bougies odorantes fleurs sur la table et cils maquillés bleu
Elles savent changer une roue en plein cagnard
Elles savent se taire à bon escient
Il leur arrive peut-être d’avoir mal à la tête
Et puis de réfléchir et puis de lire
Les journaux politiques économiques et philosophiques
Elles attendent de leur homme qu’il soit conscient
Qu’il soit câlin endurant et même patient
Il leur arrive encore parfois de médire
Souvent elles ne sont pas si bêtes
La guêpe pas folles
La tête sur les épaules
Et puis ……coquettes
-----------------------------------
L’enfant
05 06 08
Maman je t’aime tant
Je t’aime et je t’attends
Je t’ai toujours comprise
Tu m’as toujours reprise
Tes chaussures sont-elles bien cirées
L’ourlet de ta jupe bien reprisé
Le col de ton mantelet bien chaud ?
As-tu bu ton chocolat au cacao
100 % pur beurre noir ?
Maman je t’aime tant
Je t’aime et je t’entends
Je suis encore en crise
Encore et toujours sous emprise
Ta prison dorée a-t-elle une clé ?
Le juge clément va-t-il un jour me libérer ?
Vais-je partir vers des sommets bleus camaïeux
Dans les cieux les nuages courent toujours
Après des chimères sans fond
Un jour je partirai en voyage
Je ne serai plus un enfant sage
Mais une femme accomplie
Je me promènerai sous la pluie
Sans capuchon ni cabochon.
Zaza mai 2008
Ma life
Je kiffe ma life
Un truc de ouf
Ma race
Ma rem elle est trop fière
De oim
Sur mon âme
J’ai des journées d’enfer
J’ai un super taf
File moi une taffe
Un ceum qui me kiffe
Et que je kiffe
M’attend chaque soir
Devant son iphone noir
Un truc de ouf
Il me prend la tête
Quand il a trop méfu
Du teuch trop reuch
Ca le rend véner
Il est croit que c’est chébran
Un gros tarpé
Parfois mais oim au fond je l’aime
Je suis pas une pouf
Je kiffe ma life
Teuch
Tarpé
Mater`
Chébran
Reuch
------------------22 01 08 sur le comptoir de culture rapide
C’est ça la vie
Le matin je me lève en sursaut
Je me nettoie très vite le museau
J’avale mon chocolat tout chaud
Et puis enfin je me fais tout beau
Sur la route je vois un escargot
Qui lui n’est pas pressé c’est son lot
Moi par contre je presse le pas
Ma maîtresse d’école est déjà là
Elle nous a préparé des exos
De calcul de maths et de géo
Dans la cour je retrouve un ami
Nous échangeons secrets et pains de mie`
Le soir je repasse mes devoirs
Je nettoie le bavoir de mon ptit frère
Qui recrache toute sa bouillie
Jette sa cuiller à l’envi
Je regarde la télé surfe sur l’internet
En sirotant ma sucette
Au coca cola fier à bras !
J’éteins la lumière et puis voilà
C’est ça la vie
22 01 08
-------------
La fleur et le papillon
C’est une jolie fleur rose
Rose et toute bleue qui ose
Dès l’aube ouvrir ses pétales
Elle est pourtant encore pâle
Un papillon s’approche
Doucement sans anicroche
Il virevolte et se colle
Puis tout doucement s’envole
Il rencontre un ami
Qui lui dit « C’est ta vie
Que t’as laissée là choir !
Le papillon se sent
Tout bête puis se reprend
Et va retrouver sa fleur
20 01 08
-----------------
Nécessité
31 12 07
Ecrire est une nécessité
Un plaisir et volupté
Dessiner peindre coller
Peu importe
Je suis artiste née
Je n’ai pas l’inspiration
Qu’importe j’ai l’affection
Ecrire sur le soleil
Je suis dans mon simple appareil
Le matin brumeux le froid
Ma peau se resserre et moi`
Je me recroqueville
Telle une frêle brindille
Partir à l’aventure
Le monde à conquérir
Encore à découvrir
C’est que ça vieillir
--------------------------
Le vampire
Le vampire
A tout plein d’ire
Il s’attache
Tel un potache
Il colle
Etreinte molle
Il suce
Il n’est plus là. Ah !
Non, le revoilà !
Il gratte il se frotte
Il enjôle
Il s’installe
Quand sa proie exsangue
Agonise
Gise
Il repart à la chasse
A qui le tour ?
Eprise en crise
28 12 07
Auparavant j’étais de toi éprise
Aujourd’hui je vis soumise à ton emprise
Je rêve de revivre calme et liberté
Voluptueux tu m’as à petit feu tuée.
Je me suis livrée à toi pieds et poings liés
Ton ivresse et ton ire me poussent à crier
Assez ! Passe ton chemin et ronge ton frein
Profite la vie est belle et tu l’as en main
C’est la passion qui nous anime et non l’amour
Masque souriant tu t’en vas et puis tu cours
Tu geins, tu feins de souffrir et tu t’esclaffes
J’aspire à solitude et à quiétude
Si tu veux m’aimer encourage moi c’est le
Seul chemin qui nous parcourerons ensemhle
Le retardataire
15 01 08
Je suis toujours en retard
C’est vital, un vrai traquenard.
Pas maladif, vital.
Chez le docteur, le dentiste, au travail,
A mes rendez-vous galants,
J’arrive jamais à temps
Chez mes amis aussi.
Me faire attendre. Ca fait partie
De moi.
Il m’arrive d’être en avance.
J’en profite. Je manigance.
Rarement.
Quelle volupté.
Quelle félicité.
A ce moment là, souvent
C’est l’autre qui est en retard.
C’est l’autre qui me fait attendre.
Dans une salle d’attente. Dans un bar.
Sordide.
Je me dis alors : Bah voilà, c’est bein ce que je dis, ça ne sert à rien d’être à l’heure !!
Ca ferait presque mon malheur.
Je suis en retard pour aller me coucher, pour me lever, pour manger, pour me doucher.
Paraît-il que c’est l’angoisse de séparation.
Quel manque d’ambition !
Quitter le jour, quitter le matin, quitter mon lit, quitter mon chef, quitter tout quitter.
Et si je me séparais de l’angoisse de séparation ?
Qu’est –ce qui m’arrriverait ?
Jubilation !
Abandons
15 12 07
Ton souffle dans mon oreille
Tes yeux si bleus me fixent
Me font sentir abeille
Ta main longtemps me presse
Ta langue dans mon cou
Ton odeur caramel
Tes baisers longs et doux
Ton rire flot de paroles
Ta voix qui me chuchote
Tes doigts parcourent mon corps
Pourtant je suis palotte
Parfois c’est bien trop fort
Tes petits plats exquis
Corps à corps on s’endort
Un petit bol de riz
Et puis la petite mort`
C’est la peur qui sépare
Mais si je m’abandonne
C’est l’heure du départ
Alors tu m’abandonnes