Bruno- Premier amour d’ado
Il avait 18 ans
Et moi tout juste seize
Pour moi c’était un grand
Un Don Juan balèse
Il s’appelait Bruno
Il était beau
Avec son mégot,
Son long paletot
Ses cheveux bouclés jusqu’aux
Epaules
Sa voix rauque et enjôleuse
Il me susurrait dans le creux de l’oreille
Des je t’aime et tu es belle
Sur Led Zeppelin et les Rolling Stones
Ca me rendait complètement stone
Il s’appelait Bruno
Il était beau
Avec sa Kro
C’était pas un intello
Il avait une 4L bleu métallo
Un cyclo qui pétaradait dans les chemins perdus
Il réveillait les oiseaux tout menus
Un jean Levis délavé
Son caban chaud et râpé
Ses bras enveloppants me serraient
Il était beau avec sa goldo
On regardait pas Goldorak
Il passait son Bac
Il bossait beaucoup trop
A mon goût pas de pot
Heureux et plein d’espoir
Il est parti pour une autre ville
Lointaine et banale
Fatale à nos amour d’ados
Ton pénis
27 mars 2008-08
Ton pénis s’immisce
Si fin si fragile si mince
Et pourtant si dur
Que de voyages il endure
Si long si doux paré d’atours
Il s’empresse empli d’amour
Il se cache rougit
Ah ! Déjà il jouit
Non, il se reprend
Mon joli amant
Epris il s’emplit
De sang chaud et bleu
Il va il vient tiens !
Il s’arrête net !
Il se relâche
Parfois tel un lâche
Visite une autre grotte
Barbotte
Grignotte une petite motte
Un temps et puis revient !
Bah tiens !
Les femmes
Les femmes libérées sont bien pénibles
Parfois elles ont leurs règles
Et puis sont de mauvaise humeur
En plus elles réclament le bonheur
Elles veulent à tout prix être libres
Elles veulent aller et puis venir
Comme bien bon leur semble
Pas entravées par des marmots
Geignards autoritaires et ballots
Tyrans domestiques et enfants rois
Même combat à bout de bras
Elles attendent de leurs hommes
Qu’ils les protègent et puis respectent
Qu’ils jouent leur rôle de père
Qu’ils paient bien leur pension
Ah mais !Y a pas de raison
Qu’ils les aiment bien aussi mais si !
Elles savent souffrir en paroles
Elles savent partir quand il le faut
Y en a pourtant qui se laissent massacrer sur place
Même que parfois ça ne laisse pas de traces
Elles savent être à l’heure à l’école
Elles savent vous dire : Tu es beau comme un robot !
Multifonctions voyons !
Elles savent bricoler des jardins merveilleux
Elles savent même conduire des autocars
Elles savent concocter des instants précieux
Bougies odorantes fleurs sur la table et cils maquillés bleu
Elles savent changer une roue en plein cagnard
Elles savent se taire à bon escient
Il leur arrive peut-être d’avoir mal à la tête
Et puis de réfléchir et puis de lire
Les journaux politiques économiques et philosophiques
Elles attendent de leur homme qu’il soit conscient
Qu’il soit câlin endurant et même patient
Il leur arrive encore parfois de médire
Souvent elles ne sont pas si bêtes
La guêpe pas folles
La tête sur les épaules
Et puis ……coquettes
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D’Afrique en Amérique
Je viens d’Afrique
Toi d’Amérique
Je déménage
Toi tu voyages
Que cherches-tu ?
M’oublieras-tu ?
Besoin d’amour
Fenêtre sur cour
Pas de frontières
Tous d’une même terre
Hasard nous porte
Vers où qu’importe ?
Fleurs ou bitumes
Riches et plein d’tunes
Tout ce qui compte
Au bout du compte
C’est l’attention
Loin d’toute pression
Sociale fatale
Ou bien mentale
Salut visage pâle
Laisse-moi te serrer
Dans mes bras ! `
Embrasse-moi
Quoi qu’il en soit
Je viens d’Afrique
Toi d’Amérique
.
Revu au Gobelune le 25 mai jour de la fête des mères
Papa papa
Faut pas faut pas
Faut pas faire de faux pas
Faut pas tuer son père
Faut pas doubler sa mère
Faut pas mettre ses doigts
Dans son nez ni dans le plat
Faudre bien y passer
De vie à trépas c’n’est pas faux
Faut pas prendre trop de place
Faire des tours de passe passe
Je ne peux pas m’en passer
Impair et passe main basse
Faut pas commettre d’impairs
Permettre émettre
Eh ! Maîtres
D’écoles et autres notables
Politiquement corrects
Quand nous laisserez-nous vivre
Respirer s’exprimer
Faut pas gagner trop de maille
De peur que l’fisc vous taxe
Vous pourchasse vous étouffe
Le voisin vous envie
Surtout restez en vie !
Yeux bleux
2 décembre 2007
Avec tes grands yeux bleus
Où passent les marées en furie
De ta bouche à l’ourlet harmonieux
Sortent des insultes. Odieux !
Tu crois à tes sornettes
Balivernes
Tu pourrais prendre perpette
Avec ta voix d’enfant pubère
Tu soupires tu regrettes à l’envi
Tu accuses tu reconnais tes torts
Et tu recommences tu mords
Et si ce cercle vicieux
Ne s’arrêtait jamais plus
Masochisme craintif de la femme nue
Aux yeux baissés et gracieux
Courir loin se cacher
La honte et sa morsure profonde
Oter et au plus loin repousser
Aux tréfonds de l’âme féconde.
Le retardataire
Je suis toujours en retard
C’est vital, un vrai traquenard.
Pas maladif, vital.
Chez le docteur, au travail,
A mes rendez-vous galants,
J’arrive jamais à temps
Chez mes amis aussi.
Me faire attendre. Ca fait partie
De moi.
Il m’arrive d’être en avance.
J’en profite. Je manigance.
Rarement.
Quelle volupté.
Quelle félicité.
A ce moment là, souvent
C’est l’autre qui est en retard.
C’est l’autre qui me fait attendre.
Dans une salle d’attente. Dans un bar.
De préférence sordide.
Je me dis alors : Bah voilà, c’est bein ce que je dis, ça ne sert à rien d’être à l’heure !!
Ca ferait presque mon malheur.
Je suis en retard pour aller me coucher, pour me lever.
Pour me laver, me pomponner.
Paraît-il que c’est l’angoisse de séparation.
Quel manque d’ambition !
Quitter le jour, quitter le matin, quitter mon lit, quitter mon chef, quitter tout quitter.
Et si je me séparais de l’angoisse de séparation ?
Qu’est –ce qui m’arrriverait ?
Jubilation !
Abandons
15 12 07
Ton souffle dans mon oreille
Tes yeux si bleus me fixent
Me font sentir abeille
Ta main longtemps me presse
Ta langue dans mon cou
Ton odeur caramel
Tes baisers longs et doux
Ton rire flot de paroles
Ta voix qui me chuchote
Tes doigts parcourent mon corps
Pourtant je suis palotte
Parfois c’est bien trop fort
Tes petits plats exquis
Corps à corps on s’endort
Un petit bol de riz
Et puis la petite mort`
C’est la peur qui sépare
Mais si je m’abandonne
C’est l’heure du départ
Alors tu m’abandonnes