Je viens d’Afrique
Toi d’Amérique
Je déménage
Toi tu voyages
Que cherches-tu ?
M’oublieras-tu ?
Besoin d’amour
Fenêtre sur cour
Pas de frontières
Tous d’une même terre
Hasard nous porte
Vers où qu’importe ?
Papa papa
Mai 2008 jour de l’accrochage compagnonnage d’art
Revu au Gobelune le 25 mai jour de la fête des mères
Faut pas faut pas
Faut pas faire de faux pas
Faut pas tuer son père
Faut pas doubler sa mère
Faut pas mettre ses doigts
Dans son nez ni dans le plat
De vie à trépas c’n’est pas faux
Faut pas prendre trop de place
Faire des tours de passe passe
Impair et passe main basse
Faut pas commettre d’impairs
Permettre émettre
Eh ! Maîtres
D’écoles et autres notables
Politiquement corrects
Quand nous laisserez-nous vivre
Respirer s’exprimer
Faut pas gagner trop de maille
De peur que l’fisc vous taxe
Vous pourchasse vous étouffe
Le voisin vous envie
Surtout restez en vie !
Yeux bleux
2 décembre 2007
Avec tes grands yeux bleus
Où passent les marées en furie
De ta bouche à l’ourlet harmonieux
Sortent des insultes. Odieux !
Tu crois à tes sornettes
Balivernes
Tu pourrais prendre perpette
Avec ta voix d’enfant pubère
Tu soupires tu regrettes à l’envi
Tu accuses tu reconnais tes torts
Et tu recommences tu mords
Et si ce cercle vicieux
Ne s’arrêtait jamais plus
Masochisme craintif de la femme nue
Aux yeux baissés et gracieux
Courir loin se cacher
La honte et sa morsure profonde
Oter et au plus loin repousser
Aux tréfonds de l’âme féconde.
Le retardataire
Je suis toujours en retard
C’est vital, un vrai traquenard.
Pas maladif, vital.
Chez le docteur, au travail,
A mes rendez-vous galants,
J’arrive jamais à temps
Chez mes amis aussi.
Me faire attendre. Ca fait partie
De moi.
Il m’arrive d’être en avance.
J’en profite. Je manigance.
Rarement.
Quelle volupté.
Quelle félicité.
A ce moment là, souvent
C’est l’autre qui est en retard.
C’est l’autre qui me fait attendre.
Dans une salle d’attente. Dans un bar.
De préférence sordide.
Je me dis alors : Bah voilà, c’est bein ce que je dis, ça ne sert à rien d’être à l’heure !!
Ca ferait presque mon malheur.
Je suis en retard pour aller me coucher, pour me lever.
Pour me laver, me pomponner.
Paraît-il que c’est l’angoisse de séparation.
Quel manque d’ambition !
Quitter le jour, quitter le matin, quitter mon lit, quitter mon chef, quitter tout quitter.
Et si je me séparais de l’angoisse de séparation ?
Qu’est –ce qui m’arrriverait ?
Jubilation !
Abandons
15 12 07
Ton souffle dans mon oreille
Tes yeux si bleus me fixent
Me font sentir abeille
Ta main longtemps me presse
Ta langue dans mon cou
Ton odeur caramel
Tes baisers longs et doux
Ton rire flot de paroles
Ta voix qui me chuchote
Tes doigts parcourent mon corps
Pourtant je suis palotte
Parfois c’est bien trop fort
Tes petits plats exquis
Corps à corps on s’endort
Un petit bol de riz
Et puis la petite mort`
C’est la peur qui sépare
Mais si je m’abandonne
C’est l’heure du départ
Alors tu m’abandonnes